Un weekend italien en demi-teinte
7 Juillet 2025

Avec les 24 Heures du Mans désormais derrière lui, Reshad De Gerus retrouve le paddock de l’European Le Mans Series pour le troisième rendez-vous de la saison, direction l’Italie, sur le légendaire circuit d’Imola. Niché au cœur de la ville, l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari offre une atmosphère unique, entre ferveur locale et patrimoine du sport automobile. Ce tracé mythique, chargé d’histoire et d’émotions, impose naturellement un profond respect à ceux qui y roulent. Avec ses enchaînements rapides, ses portions étroites et son rythme intense, il constitue un défi technique redoutable, où la moindre erreur peut coûter cher. Une ambiance presque solennelle que Reshad et la DUQUEINE Team abordent avec concentration et ambition.
L’équipe entame sa préparation dès le jeudi, avec deux séances d’essais privés, suivies de nouveaux roulages le vendredi et le samedi matin. Ces trois journées permettent de poser les fondations du week-end : enchaîner les longs relais, analyser le comportement de la voiture sur la durée, ajuster le set-up et affiner la stratégie. La gestion des pneumatiques, particulièrement sensible à Imola, est au cœur des préoccupations. Sur ce circuit exigeant, la moindre surchauffe peut compromettre un relais. Les ingénieurs en profitent également pour simuler différents scénarios de course, afin d’anticiper d’éventuelles neutralisations. Tout ce travail s’effectue sous un soleil de plomb, avec des températures élevées aussi bien dans l’air que sur l’asphalte.
Mais le samedi, les choses prennent un tout autre tournant. Alors que la séance de qualifications de la catégorie LMP3 se termine, un orage éclate au-dessus du circuit. En quelques minutes, la piste est détrempée, forçant la direction de course à interrompre la session. Le déluge est tel que les qualifications des LMP2 sont retardées de près d’une heure. Une situation délicate, car aucune des équipes n’a pu rouler en conditions humides lors des essais précédents. Ni les voitures, ni les pilotes ne sont réellement préparés à ce changement brutal.
C’est Reshad De Gerus qui prend le volant pour cette séance aussi piégeuse qu’imprévisible. Sur une piste encore bien mouillée, il faut rapidement s’adapter, sentir où placer la voiture, trouver les bons repères. Progressivement, une trajectoire sèche se dessine, permettant aux pilotes d’améliorer leurs chronos. Mais à trois minutes de la fin, un drapeau rouge vient rebattre les cartes. La tension monte : la séance repart pour un ultime tour lancé qui décidera de la grille. Grâce à son expérience et son calme, Reshad parvient à tirer son épingle du jeu et place l’ORECA #30 en cinquième position sur la grille. Un résultat solide, obtenu dans des conditions particulièrement complexes.
Le départ est donné dimanche à 12h, sous un ciel dégagé et sur une piste sèche. Francesco Simonazzi, l’Italien de l’équipage, s’élance au volant de la DUQUEINE #30. Comme souvent à Imola, le premier virage crée un véritable goulot d’étranglement. Francesco y perd deux places mais parvient à éviter les accrochages — un moindre mal sur ce tracé aussi étroit qu’exigeant.
Les premiers tours sont mouvementés : drapeaux jaunes à répétition, morceaux de carbone éparpillés sur la trajectoire… La tension est palpable. Après seulement 30 minutes de course, une première voiture de sécurité entre en piste. Malheureusement, son timing n’est pas favorable à l’équipe, contrainte de s’arrêter un tour après ses concurrentes directes. Ce léger décalage coûte cher, et Francesco perd un temps précieux, chutant dans la hiérarchie.
Un peu plus tard, Simonazzi cède le volant à Roy Nissany. L’Israélien se montre immédiatement vigilant : il évite de justesse plusieurs GT revenues en piste de manière dangereuse après un accrochage. L’incident entraîne une nouvelle intervention de la safety car, suivie d’un drapeau rouge pour permettre l’évacuation des voitures impliquées et le nettoyage de la piste.
Lorsque la course reprend, Nissany repart avec détermination. Mais une averse soudaine vient ajouter un degré de difficulté : chaussé de slicks sur une piste devenue piégeuse, il parvient à rester sur la trajectoire sans commettre d’erreur. Dans cette chaleur encore accablante, la gestion des pneumatiques reste un enjeu majeur.
Alors qu’il reste un peu plus d’une heure de course, Reshad De Gerus s’installe à son tour dans l’ORECA #30. Fidèle à son style, il prend rapidement ses marques et tente de tirer le maximum de cette dernière partie de course. Mais ses efforts sont contrariés par une succession de drapeaux jaunes et de Virtual Safety Car qui hachent son relais, cassant le rythme et annihilant les chances de remontée. Dans ces conditions instables, impossible de démontrer le vrai potentiel de la voiture.
Le tournant de cette course reste cette première neutralisation, survenue au pire moment, qui a complètement bouleversé la stratégie prévue. Une dynamique difficile à inverser. À noter que Reshad signe pourtant la deuxième meilleure moyenne de la course, preuve de sa régularité et de sa performance, malgré des conditions peu favorables. L’ORECA #30 franchit finalement la ligne d’arrivée en 14e position — un résultat décevant au vu de la belle performance en qualifications.
Place désormais à la trêve estivale. L’équipe va pouvoir recharger les batteries avant de se tourner vers un autre monument du sport automobile : Spa-Francorchamps, théâtre de la quatrième manche de l’ELMS, le 21 août prochain.













